Avortement

En 1975, Simone Veil, ministre de la Santé, a fait voter la dépénalisation partielle de l'avortement. Depuis, le nombre d’interruptions volontaires de grossesse avoisinne les 200 000 à 230 000 par an. Comme le constate Françoise Bouvier, [...]

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Camille Loty Malebranche
Philosophe, Chercheur, blogueur...

L'ivg s'est surtout idéologisée et déculpabilisée par la désacralisation de la nature humaine.

Avec une vision sécularisante de la nature humaine perçue désormais strictement comme aboutissement de l'Évolution phylétique, une véritable animalisation-banalisation de l'homme et de son existence en général, s'est opérée dans nos sociétés. La laïcité louable, soit, s'est malheureusement entachée d'une perception réductrice de l'Humain en animal évolué. Et, pour justifier leurs errements, certains spécialistes idéologues, en sont arrivés à laisser croire qu'il n'y a même aucune humanité dans l'embryon voire le fœtus! Dans une telle perspective, où la défense du primat de liberté de la femme sur son corps, a fini par étayer la thèse que l'ivg non thérapeutique, constitue un droit naturel de la femme. Une véritable hypocrisie pour une société qui, en même temps,  promeut la valeur de la vie animale qu'il faille respecter et protéger... 

Bref, pour ce qui a trait à l'illogisme de la non humanité voire (l'inessentialité) de l'embryon porté par une femme, inessentialité brandie par plusieurs défenseurs de l'ivg comme droit souverain, moi je réplique et propose ce qui suit:

Si l’individu, quel qu’il soit, est le représentant phylétique, c’est-à-dire, cet organisme vivant, indivisible et unique manifestant les caractéristiques de l’ensemble de l’espèce concernée, le fœtus humain est un véritable être humain, même s’il est loin du statut d’Homme ou de Personne.

 

http://intellection.over-blog.com/article-bemol-sur-l-excellente-video-du-jour-terriens-massacre-de-la-vie-99764515.html

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Vous aussi, participez au débat :
L'IVG s'est-elle vraiment banalisée ?

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  • Photo de Christophe Guériteau non

    04 juin 2012, 10:38

    Christophe Guériteau
    Peut-on dire que vous penchez du coté de l'essentialisme ?
    "En philosophie (essentialisme vs existentialisme)

    En philosophie, l’essentialisme est le nom de la conception de l'homme qui s'oppose à l’existentialisme. L'essentialisme philosophique vise à accorder le primat à l'essence sur l'existence, et ne suppose pas de libre arbitre de l'individu, alors considéré comme produit de déterminismes qui le définissent et dont il ne peut s'extraire. L'essentialisme tend à réactualiser un débat opposant la nature et la culture."
    Nous serions tous prédéterminés et aller à l'encontre de ceci serait quasi blasphématoire. Plus aucun libre arbitre alors, notre conception et notre naissance ferait de nous ce que nous sommes. Et pour une femme, une procréatrice par exemple, point autre chose. Alors comment définir ces femmes qui ne désirent et n'ont pas d'enfant dans leur vie (par choix bien sur) ?
    Votre vision est réductrice pour moi, car elle ne repose sur aucun fondement scientifique réel, mais simplement sur une idéologie (alors que vous dites combattre l'idéologie de l'IVG).
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    04 juin 2012, 12:35

    Profil supprimé
    En effet, le foetus, l'embryon, est un être humain à part entière (physique et rêvé). C'est bien pour cela que l'IVG est un conflit éthique insoluble entre le droit de la mère et le droit du foetus.
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    04 juin 2012, 15:00

    Camille Loty Malebranche Philosophe, Chercheur, blogueur...

    @Profil supprimé Profil supprimé 

    Très bien dit, dans votre belle concision.
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  • Photo de Françoise Bouvier non

    05 juin 2012, 22:30

    Françoise Bouvier Juriste, maître de conférence à l'université de Paris XI
    Le Comité national d'éthique n'a jamais dit autre chose... Il justifie l'IVG en définissant l'embryon comme une "personne humaine potentielle", une "personne humaine en devenir". Les juristes n'ont jamais nié l'humanité de l'embryon, bien au contraire. D'ailleurs, sans entrer dans le détail des règles juridiques, il faut savoir que l'embryon est dès sa conception titulaire de droits. Rien de tel évidemment pour l'animal. Mais la question centrale c'est le conflit de droits entre le droit à la vie de l'embryon et le droit de disposer de son corps de la femme. Pendant des siècles, l'Eglise a fait prévaloir une logique collective qui avait pour finalité la reproduction et donc la perpétuation de l'espèce humaine, très malmenée par les guerres, les épidémies et les famines. C'est la révolution française qui a fait prévaloir l'intérêt individuel. Et à partir des années 1970, celui-ci s'est affirmé définitivement. Mais ce droit de vie ou de mort sur l'embryon n'appartient pas qu'à la femme qui se fait avorter. Il appartient aussi au médecin qui ne peut conserver un embryon ex utero au delà d'une durée de cinq ans.
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    06 juin 2012, 00:15

    Camille Loty Malebranche Philosophe, Chercheur, blogueur...

    @Françoise Bouvier 

    Pour l'avortement thérapeutique, (embryon ex utéro) "grossesse ectopique", ou toute mise en danger de la vie de la mère si la grossesse est conduite à terme. Ce sont des exceptions où c'est
    permis et même obligatoire. Ce sont les cas courants non thérapeutiques que j'ai clairement évoqués dans mon argumentaire..
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    07 juin 2012, 22:53

    Françoise Bouvier Juriste, maître de conférence à l'université de Paris XI

    @Camille Loty Malebranche 

    Par avortement ex utero je n'entendais pas une grossesse extra-utérine mais une fécondation in vitro où l'embryon se développe ex utero : dans ce cas, la loi sur la bioéthique prévoit que, passé un délai de conservation de cinq ans, l'embryon doit être détruit. Il doit même l'être plus tôt si par exemple le couple divorce et refuse le don d'embryon. La disparition de l'embryon n'est donc pas nécessairement la conséquence d'une décision de la femme. Le législateur en décide aussi.
    Et puis point très important, il n'existe pas de cas où "c'est obligatoire". Personne ne peut obliger une femme à avorter : heureusement, parce que, sinon, il s'agirait d'eugénisme... C'est la volonté de la femme et sa liberté qui sont les seuls et les meilleurs remparts contre l'eugénisme.
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