La fumette

Le ministre de l'Éducation, Vincent Peillon, s'est exprimé en faveur de la dépénalisation du cannabis

Le ministre de l'Éducation, Vincent Peillon, s'est exprimé en faveur de la dépénalisation du cannabis, le dimanche 13 octobre sur France Inter, dans l'émission Tous politique. Sa déclaration relance un débat qui avait divisé le [...]

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Contexte

Le ministre de l'Éducation, Vincent Peillon, s'est exprimé en faveur de la dépénalisation du cannabis

Le ministre de l'Éducation, Vincent Peillon, s'est exprimé en faveur de la dépénalisation du cannabis, le dimanche 13 octobre sur France Inter, dans l'émission Tous politique. Sa déclaration relance un débat qui avait divisé le gouvernement socialiste début juin, avant que le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, n'y mette fin.

Depuis plus de quarante ans, la question de la dépénalisation du cannabis hante la classe politique. D'abord thème fétiche des écologistes, elle a gagné peu à peu les rangs socialistes, défendue par l'ancien ministre de l'Intérieur de Lionel Jospin, Daniel Vaillant. Dès 2003, dans un entretien accordé à Libération resté dans les annales, celui-ci estimait déjà que «la police avait mieux à faire que de courir après la fumette».

A la demande du président du groupe PS à l'Assemblée nationale de l’époque, Jean-Marc Ayrault, Daniel Vaillant a dirigé le groupe de travail des parlementaires socialistes sur ce sujet. Ils ont remis en juin 2011 un rapport qui témoigne de l'échec d'une des politiques les plus répressives en Europe et prône la «légalisation contrôlée».

Le question ne fait cependant pas l’unanimité au PS. Pendant la campagne des primaires, Manuel Valls s'est prononcé contre la dépénalisation du cannabis, tandis que Martine Aubry s'y était montrée favorable en septembre 2011.

Durant la campagne présidentielle, c'est François Rebsamen, communément reconnu comme le «Monsieur sécurité» du Parti socialiste, qui avait proposé d'assouplir la législation en matière de consommation du cannabis lors d'un meeting électoral à Dijon.

Mais François Hollande a par la suite contredit François Rebsamen. Il en a appelé à la «nécessité de l'interdit» et à la volonté de ne pas céder au renoncement : «La question de la consommation de cannabis est posée pour beaucoup de jeunes et donc je ne veux pas donner le moindre signal de renoncement à une dissuasion par rapport à cette consommation de cannabis.»

A droite, on oppose un non catégorique à la dépénalisation du cannabis. Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy s'était montré fermement opposé à cette possibilité. «Si la société envoie comme message que ce qui est interdit devient permis, que vont dire les familles à leurs enfants ?», s’était-il interrogé.

Au moment de la polémique qui avait accompagné les propos de Cécile Duflot en juin, Marine Le Pen, la présidente du FN avait de son côté dénoncé le retour «des soixante-huitards, pétards au bec.»

Lundi 15 octobre, suite aux propos de Vincent Peillon, Jean-François Copé, candidat à la présidence de l'UMP, a parlé de la dépénalisation du cannabis comme d'«une fausse solution»  et a demandé à François Hollande de trancher «ce débat flottant».

C'est un vieux débat aux arguments et aux prolongements nombreux. Cela va, d'un côté, de la suppression des réseaux illégaux à la pratique thérapeutique, et de l'autre, du risque sanitaire à la perversion de la jeunesse. Posons la question : faut-il dépénaliser le cannabis ?

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