Initiative citoyenne Photo : Flickr Schill

Une initiative citoyenne européenne veut généraliser une limitation de vitesse à 30 km/h en ville

Des associations environnementales, d'urbanistes et de cyclistes ont lancé une initiative citoyenne européenne (ICE) pour la généralisation d'une limitation de vitesse à 30 km/h en ville, contre 50 km/h actuellement. Baptisée «30 km/h, [...]

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Ville Trente
blogueur

30 km/h et pollution

La quantification de la pollution liée au trafic est une question complexe qui dépend de nombreux paramètres : niveau de trafic,  type de véhicules (puissance, carburant, âge), du comportement des conducteurs (conduite plus ou moins nerveuse, logique de passage des vitesses ), du type de situation de trafic (niveau de congestion, nombre d'arrêt/démarrage, vitesse de pointe etc.), du type de polluants considérés (réglementés ou non, émis à chaud ou à froid, dans ou hors échappement).

On peut toutefois estimer que les variations (à la hausse ou à la baisse) liées à l'instauration d'une limite à 30 km/h sont bien inférieures aux autres mesures visant à réduire la pollution.

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La limite à 30 km/h intervient à plusieurs niveaux :


-  sur le niveau d'émission par km à l'échelle de la rue, immédiatement:

Elle modifie le profil de conduite (séquence des accélérations, freinages, vitesse maximale atteinte), ce qui combiné au comportement de conduite à un effet sur le niveau d'émission unitaire. L'effet sera très dépendant de l'aménagement mis en place (ralentisseur, chicane, priorité à droite etc.).

- sur le nombre de véhicules et leur niveau d'utilisation à toutes les échelles (de la rue à l'agglomération), à moyen et long terme : en rendant plus attractifs les déplacements non motorisés, le taux d'équipement diminue, et l'intensité d'utilisation des véhicules diminue. La faible part actuelle des déplacements à vélo (2.5%) et à pieds (22%) en France présente en effet des marges de progrès considérables si  on la compare à la situation de Strasbourg  (11% de vélo et 53% de marche) ou des Pays- Bas (jusqu'à 40% de vélo). Le développement du vélo et de la marche rendu possible grâce à l'apaisement des vitesses est donc un levier majeur de réduction du trafic motorisé et de la pollution urbaine. 


Utilisation de courbes d'émissions fonction de la vitesse moyenne

Une pratique répandue car facile à mettre en œuvre consiste à utiliser des courbes d'émissions "officielles" données pour chaque  type de véhicule (essence, diesel, puissance, particulier,  utilitaire ou poids lourd) en fonction de la vitesse moyenne de déplacement.

Une erreur classique venant de la confusion entre les différents types de vitesses évoqués plus haut consiste à comparer les niveaux d'émissions à 50 km/h et à 30 km/h, confondant limite de vitesse et vitesse moyenne de déplacement. Les vitesses  indiquées sur ces courbes sont en effet les vitesses moyennes de différents cycles de conduites : urbain congestionné, urbain fluide, extra urbain etc. 50 km/h correspond ainsi à une conduite extra urbaine tandis que 30 km/h correspond à une conduite en ville : on parle de deux situations qui n'ont rien à voir avec les limites de vitesse.  

Pour faire une analyse "moins erronée" il faudrait comparer les niveaux d'émissions pour des vitesses moyennes correspondant  à une conduite urbaine avec limite à 50 km/h  (par exemple 19 km/h) et celles correspondant à une limite à 30 km/h simple (17 km/h par ex.) ou à une limite assortie d'une réduction du nombre de stops ou de feux (20 km/h par ex.). Dans ce cas, et quelque soit le polluant ou le type de véhicule considéré, les différences d'émissions, à la hausse ou à la baisse, sont faibles avec le parc de véhicules actuel et vont devenir négligeables à horizon 2015. Ces faibles hypothétiques variations d'émissions (quelques %), liées à des variations de vitesse moyenne sont également négligeables par rapport aux améliorations à attendre du renouvellement du parc automobile (plusieurs dizaines de %).

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Mais même cette approche "moins erronée"  ne peut être utilisée pour mesure l'impact de la mise en place d'une politique d'apaisement des vitesses : ces courbes très "stylisées"  sont représentatives de situations de circulation "courantes", les faibles vitesses moyennes étant le reflet d'un plus grand nombre d'arrêts.  Une action qui écrête les pointes de vitesse ne peut donc pas être évaluée par cette méthode. Plus généralement ces courbes simplifiées ont vocation à estimer des bilans d'émissions à l'échelle nationale ou régionale et ne peuvent être utilisées pour des dispositifs spécifiques.


La suite sur www.ville30.org

Références

 

- [SETRA 2009] Emissions routières de polluants atmosphériques. Courbes et facteurs d'influence.  http://cataloguesetra.documentation.developpement-durable.gouv.fr/documents/Cataloguesetra/0005/Dtrf-0005666/DT5666.pdf

-[Demeules V.  2007] Emissions de GES par le trafic routier. Point sur les outils de calculs des émissions. CETE Normandie-centre. http://www.cete-aix.fr/imgarea/Cotita09_15.05%20changement%20climatique_emis.%20GESCETENorm..pdf

- [ADEME 2003] Logiciel IMPACT-ADEME Version 2.0. Émissions de polluants et consommation liées à la circulation routière. Livret de présentation.

http://www2.ademe.fr/servlet/getBin?name=C285C06264587C9ECC488BAE7D709E2C1137590056094.pdf



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Vous aussi, participez au débat :
Faut-il généraliser la limitation de vitesse à 30 km/h en ville ?

Photo de Non connecté
  • Photo de Dom Autosure oui

    26 mai 2013, 13:37

    Dom Autosure
    à 30, la plupart sont en seconde, en éco conduite en 3ème. On pollue donc plus que si on roulait à 50 en 5ème en éco conduite. Par contre votre approche est très juste car il faut tout prendre en compte et là, votre démonstration est parfaite. On incite les gens à prendre le vélo, on fluidifie le trafic. Moins de stress, très peu de perte de vitesse moyenne, moins de risque d'accident et moins de poluution
    11 0
    Répondre
  • Photo de Non connecté
  • Photo de Pascal Prince non

    17 novembre 2013, 21:42

    Pascal Prince

    @Dom Autosure 

    Que de bla bla.. La réalité est bien moins idéale! A Graz, première ville a entrer sdans cette démagogie: en 2012, c'est la ville LA PLUS POLLUEE d'Autriche. Entre 1993 et 2013, il y avait un...piéton accidenté de plus, alors que les diminution des accidentés dans les AUTRES VILLES sans Zones 30, les piétons accidentés DIMINUENT. La part de l'utilisation de mobilité douce a DIMINUÉE à Graz! Peu de vélo en plus, beaucoup de bus en plus, énormément moins de piétons, et presque aucune différence pour les voitures! Et oser parler de moins de stress, vous ne devez certainement pas rouler souvent en voiture en ville! Mobilitant.org
    0 0
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