La fin de l'université "gratuite" ?

À sec ? Les 85 universités françaises, ayant gagné leur autonomie et perdu en subvention, cherchent maintenant les moyens de se financer. Actuellement, l’État paye 80% des budgets universitaires, le reste étant assumé par les familles des [...]

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Vers des classes prépa payantes?

Vers des classes prépa payantes?

faungg/flickr

L'enseignement d'excellence français gratuit serait-il en passe de devenir payant? Le gouvernement songe à rendre l'accès en classe préparatoire aux grandes écoles payants, au même tarif que les 181 euros de droits à l'université.

"C'est une piste à étudier, confie l'entourage de Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur, rapporté par Le Monde. Elle le sera sans doute en début d'année prochaine." Une question d'"équité": "Il faut que toute personne entrant dans le postbac se trouve dans la même situation."

Selon le quotidien, cette mesure pourrait concerner 79.000 étudiants, rapportant ainsi 9 millions d'euros s'ils s’acquittent des 181 euros à payer pour un étudiants en licence. Et 13 millions d'euros si les droits sont calqués sur ceux de l'inscription en master, qui s'élèvent à 250 euros.

Le Monde rappelle que la niche de ces étudiants inscrits dans un lycée, donc bénéficiant de l'enseignement gratuit, se situe dans les prépas économiques et scientifiques qui, à l'inverse des littéraires, ne suivent pas, en parallèle, des cours à l'université, et donc ne s'acquittent pas de leurs droits comme un étudiant normal.

Bronca des familles

"Ce serait une mesure logique, fait savoir au Monde le sociologue Eric Maurin, dans la mesure où cela rétablirait un peu d'égalité républicaine. Si l'on prend en compte l'argent public qui est investi dans le postbac, on constate de grandes différences." Selon le ministère de l'Éducation nationale, quand l'État consacre 15.240 euros à chaque élève de prépa, il ne dépense que 10.180 euros pour l'étudiant d'IUT et d'université.

Mais du côté des parents d'élève, on s'en offusque. Les familles, elles, ne voient pas les choses de la même manière. "Ce n'est pas une bonne nouvelle", selon la Peep, pour les familles qui doivent payer logement et frais des concours d'après-prépa. "Ce sera une charge supplémentaire, regrette Valérie Marti, présidente de l'organisation représentative, prenant soin de préciser qu'il n'y a "pas que des familles aisées en prépa!".

Le Monde précise que 51% des inscrits en prépa sont enfants de cadres et professions intellectuelles supérieures (contre 30,6 % à l'université) et 6,3 % seulement d'ouvriers (contre 10,4 %). Un quart d'entre eux seulement sont boursiers de l'enseignement supérieur (contre 35 % à l'université).

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  • Photo de Lolita Savaroc non

    17 septembre 2012, 18:00

    Lolita Savaroc
    Il est honteux d'entendre que les classes prépas devraient imposer les mêmes frais d'inscription que les universités. Le ministère de l'enseignement supérieur ainsi que Le Monde feraient bien de se renseigner avant d'annoncer de telles mesures.
    Lorsqu'un étudiant s'inscrit en prépa, il paie un petit tribu annuel. Cependant, il lui est également nécessaire de s'inscrire, en parallèle, dans une université pour obtenir d'une part un statut étudiant, et d'autre part l'équivalence de ses années en diplômes.
    Un étudiant en prépa paie donc déjà les frais de scolarité universitaires ainsi que la sécurité sociale étudiante - ce qui fait un total d'environ 300euros.
    Si le ministère de l'enseignement supérieur cherche l'équité, conseillons-lui plutôt de se pencher sur la question des diplômes : pourquoi, administrativement, une 2ème année de licence équivaut-elle à une 2ème année de prépa? C'est honteux de sortir de khâgne et d'être considéré au même niveau scolaire qu'un étudiant en deuxième année de licence.
    Rappelons que la prépa, en plus de son excellent niveau, est pluridisciplinaire.
    1 0
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