« Vote par valeur »

Plus l’élection présidentielle se rapproche, plus la question du vote est débattue. Y a-t-il un vote utile, faut-il rendre le vote obligatoire, voter blanc, est-ce inutile ? Lors de ces débats, certains d'entre vous ont proposé le système de « [...]

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Une seule personne ne peut pas en représenter 60 millions

Mais, pour éviter les troubles inefficaces et nuisibles induits par de trop grands chambardements immédiats, « une petite amélioration du système de vote ne peut pas faire de mal ! » en attendant l'émergence de changements progressifs plus structurels.

 ( Merci à Arthur Panda pour son site  democrazy.fr/ - et la video en préambule - qui aide bien à relativiser la pertinence des discussions sans fin :

- sur le vote blanc

- ou sur l'idée d'une obligation  à voter !)

Le titre de ce débat risque d'être mal interprété : c'est en considérant au contraire la « notation » des candidats comme un « vote par valeur » (où il s'agit bel et bien de voter) que j'y ai répondu « OUI ».
 En ce sens, ce titre n'est vu que comme une accroche (« pédagogique ») tentant de capter l'intérêt tout en laissant germer en quelques mots l'intuition de ce que peut être un trop méconnu « vote par valeur ».

 Le « contexte » précisé dans les « repères » de ce débat confirme bien cette mise au point en parlant de « ce système de vote ».

Débattre de l'opportunité de remplacer notre actuel système de scrutin par des votes par valeur, n'est alors pas du tout une incitation à « la révolution » ni « au grand soir », mais s'inscrit parfaitement dans l'exercice normal d'une implication civique conséquente, responsable et modérée.

L'heure des présidentielles est l'heure des bilans. Si les bilans d'ordre économique ou social vont de soi, il serait irresponsable d'en oublier de faire le bilan de notre régime politique (même si le peuple est beaucoup moins explicitement incité à établir ce genre de bilan).

Lorsque certains candidats envisagent une VIe République, ils n'outrepassent pas leur rôle. (Par contre, que d'aucuns puissent envisager, par ailleurs, l'éventualité d'une révolution est une autre affaire).

L'observation factuelle des dernières campagnes électorales fait en tout cas apparaître le constat d'une forte demande d'évolution des techniques de consultation du peuple. Cette demande, civique, récurrente, est confortée par l'évidence :

  • d'un déséquilibre politique (passant par une focalisation autistique des discours politiques autour d'une mesquine réduction du monde à la projection « Droite-Gauche » franco-française qui nous fait négliger le poids majeur de l'actualité internationale et des transformations de notre planète)
  • de tentatives factuelles de remédier aux défauts de notre système de scrutin ( Primaires socialistes, mouvements de masse : « le dard », « les indignés »)
  • d'un désordre social structurel grandissant et contraire aux promesses de notre Constitution française (avec des inégalités, des privilèges, des déclassements professionnels ou exclusions sociales, une précarisation-paupérisation accélérée)
  • et d'une perte de légitimité des élus, dûe à un taux d'abstention grandissant - ou en tous cas, à une défiance sans précédent, et parfaitement justifiée, des Français vis à vis de leurs « représentants ».


Le présent débat sur le « vote par valeur » est donc tout sauf accessoire : on notera qu'il prolonge utilement celui du « vote blanc » dès lors qu'on remarque que, avec le vote par valeur, « l'électeur exprime ainsi une position intermédiaire entre le vote blanc et le vote exprimé ».

Même si on peut lui préférer d'autres alternatives, débattre de ses atouts n'est pas une perte de temps dans la mesure où cela favorise une prise de recul indispensable devant cette Présidence de la République qui nous est présentée comme un Graal indépassable.

Que l'on souhaite une insurrection, voire une Révolution, ou au contraire qu'on veuille tout faire pour éviter ce genre de « désordre », il faudra mettre en oeuvre de nouvelles idées : cela se prépare autrement que par un conservatisme aveugle !

On comprend et on apprécie alors d'autant mieux la remarque de Arthur Panda :

   « Une seule personne ne peut pas en représenter 60 millions... »

Justement, selon le même bon sens, on concevra bien que ce n'est pas une seule personne qui saurait proposer le remède miracle aux maux qui nous accablent. Avec ou sans révolution, on n'arrivera à rien de bon sans un préalable remue-méninges collectif et collaboratif.

Ce n'est que pour apporter une pierre à la réflexion commune que je profite de ce sujet pour suggerer ici cette piste du « vote à eau » qui semble bien pouvoir être apparentée au principe du « vote par valeur » : un cahiers de doléances officiel dont les demandes seraient plus ou moins légitimées par un système de notation. ( voir ici ; ou cette ébauche de cahier des charges).

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Vous aussi, participez au débat :
Elections : et si on notait les candidats (au lieu de voter) ?

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