La loi sur les génocides censurée

Pour les Sages, la loi risquait d'enfreindre la liberté d'expression. Le 28 février, le Conseil constitutionnel a donc censuré le texte sanctionnant la négation du génocide arménien de 1915. Dans sa décision, il estime que « le législateur a [...]

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Catherine Lefebvre
écrivain et blogueuse : gratitude le blog de Cathie Fidler

Le terme «génocide» apparaît en 1944 sous la plume de Raphaël Lemkin

Petit rappel sémantique, une fois de plus, pour que l'on évite de tout mélanger, la torture en temps de guerre, les bombardements, les invasions barbares, et les autodafés ... (ce qui ne veut pas dire que ceux-ci ne soient pas condamnables par ailleurs)

Le terme «génocide», créé en 1944 (par le juriste Raphaël Lemkin) désigne l'anéantissement délibéré et méthodique d'un groupe humain, en raison de sa race, de son appartenance ethnique, de sa nationalité ou de sa religion, dans le but de le faire disparaître totalement : «Un génocide est commis dans l'intention de détruire, tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux reconnu en tant que tel.»

Ce terme s’applique à plusieurs conflits inter ethniques dont seuls trois sont reconnus par les instances internationales. Il s'agit, par ordre chronologique:

  • du génocide perpétré par les Turcs contre les Arméniens en 1915-1916 ;
  • de celui perpétré par les nazis contre les Juifs et les Tziganes pendant la période de la Seconde guerre mondiale;
  • de celui perpétrés par les Hutus contre les Tutsis au Rwanda du 6 avril au 4 juillet 1964.
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Vous aussi, participez au débat :
Pour ou contre les lois mémorielles ?

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  • Photo de Hème Gidey contre

    27 janvier 2012, 14:47

    Hème Gidey
    La sémantique, oui. Cependant, je persiste à dire qu'avant d'aller juger des actions des autres, il faudrait commencer par reconnaitre nos propres exactions même si elles ne peuvent pas avoir l'appellation "génocidaire". Cette appellation, d'ailleurs, effectuant une différenciation qualitative, de nature entre les exactions, aura tendance à rendre cette différence quantitative par la hiérarchisation qu'elle opère... En Algérie, il n'y a pas eu de génocide, simplement des tortures et des massacres au quotidien. Ce n'est pas grave puisque ce n'est pas un génocide!!!
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  • Photo de Catherine Lefebvre pour

    27 janvier 2012, 15:09

    Catherine Lefebvre écrivain et blogueuse : gratitude le blog de Cathie Fidler

    @Hème Gidey 

    Mais vous ne semblez pas vouloir comprendre que l'un n'empêche pas l'autre ! Simplement, il est ici question de ne pas tolérer le négationnisme des génocides - personne ne peut nier que des crimes autres aient été commis ailleurs, et qu'ils devraient être reconnus par les historiens et les politiques. Ils le sont, d'ailleurs. Malheureusement, les génocides ont touché quantitativement plus de monde.... Mais une vie est une vie. Nier un crime, quel qu'il soit, est inacceptable. On ne juge pas avec ce débat les actions des autres, on discute seulement de la nécessité de ne pas oublier, et de ne pas tolérer qu'un génocide soit nié dans sa spécificité. Cela semble politiquement très incorrect pour susciter des réactions aussi agressives.
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    27 janvier 2012, 20:32

    Hème Gidey

    @Catherine Lefebvre 

    Charité bien ordonnée commence par soi-même!!! Balayons devant notre porte et après nous verrons ce que nous tolérons ou non chez les autres. Le jour où la Turquie ou n'importe quel pays fera une loi pour sanctionner les actions barbouzes de la France, que dirons-nous ?
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  • Photo de Frédéric André pour

    06 août 2012, 19:54

    Frédéric André Chercheur (Archéologie, Histoire) & pour l'intégration de la Russie à l'Union européenne !

    @Hème Gidey 

    «En Algérie, il n'y a pas eu de génocide, simplement des tortures et des massacres au quotidien. Ce n'est pas grave puisque ce n'est pas un génocide» : effectivement, ce qui ne retire rien au caractère abominable de certains événements d'Algérie, soutenus ou niés - entre autre - par un certain Le Pen Père et, si je me trompe, un certain général Aussaresse (?).

    Et ces événements - massacres et tortures - pouvaient d'autant moins être qualifiés de «génocide» que celui-ci avait eu lieu quelques siècles plus tôt, lors de l'invasion d'une Afrique du Nord chrétienne par les sectateurs de Mahomet arabes, puis turcs.
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  • Photo de Catherine Lefebvre pour

    27 janvier 2012, 20:37

    Catherine Lefebvre écrivain et blogueuse : gratitude le blog de Cathie Fidler
    Eh bien nous dirons OK ! En tout cas, moi. Pas de pb !!! Pourtant on ne pourra même pas aller voir dans quelles conditions les détenus seront traités, ni de quel manière (et si même) ils seront jugés - à en croire les rapports d'Amnesty International sur la question. Il y a des injustices chez nous, mais aussi de la transparence. Nous ne sommes pas les pires, ni les meilleurs. Que la loi soit juste partout, et protège les victimes, c'est tout ce que je souhaite.
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  • Photo de Profil supprimé contre

    02 février 2012, 22:45

    Profil supprimé
    En même temps si on se met à la place des victimes, la mort ne se hiérarchise pas. Je veux dire qu'il n'y a pas de bonnes ou mauvaises raisons pour mourir. On ne trouve que des raisons plus ou moins bonnes de tuer...
    Le gosse qui crève de faim à la minute ou j'écris ces lignes n'est pas moins digne d'intérêt et de mémoire qu'un arménien d'il y a 100 ans. Ca fait pas plaisir à dire mais la mémoire honore les victimes à travers les criminels.
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