Après la stabilisation, enfin l'inversion ? Abaca

François Hollande n'a pas réussi à inverser la courbe du chômage en 2013



« La seule conclusion qu'il convient de tirer, c'est que plus que jamais, le pacte de responsabilité devient un devoir qui engage tout le gouvernement », a déclaré François Hollande en visite, le 27 janvier 2014, en Turquie alors que le même [...]

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Nicolas Dupont-Aignan
Président de Debout la République et député de la 8e circonscription de l'Essonne

Chômage: Hollande doit s'engager dans la voie d'un Keynésianisme patriote et serein

 Il faut répondre à cette question à la lumière des stratégies politiques que le gouvernement a choisi de mettre en œuvre depuis son élection en mai dernier. Quelles sont-elles ?

Lorsque la majorité ne perd pas son précieux temps à s'offrir des gages de moralité progressiste grâce à quelques mesures sociétales comme le mariage homosexuel ou la politique judiciaire rendue encore plus laxiste, ou quelques mesures cosmétiques mal ficelées comme la nouvelle tranche d'imposition à 75 % de l'impôt sur le revenu, retoquée par le Conseil Constitutionnel, le gouvernement, donc, s’attelle, comme le faisait l'UMP avant que ces deux partis n'échangent leur rôle dans cette grande farce qu'est devenue la politique française, à retranscrire jusque dans les moindres détails la politique d'austérité préconisée par l'Union Européenne, et sa dirigeante de facto, Mme. Merkel.

Certes, il est vrai que l'on entend parfois M. Montebourg se rebeller, au moins verbalement, défendant la France contre l'ultralibéralisme forcené imposé chez nous, bien que ses collègues ministres se précipitent alors pour demander aux puissances financières et européennes de bien vouloir excuser le Ministre du Redressement Productif pour avoir eu l'impertinence d'avoir exprimé une pensée libre. 

Les socialistes se sont convertis au capitalisme technocrate bruxellois

Certes, M. Hollande nous explique que la compétition internationale totale est inévitable, et que la France, en s'adaptant, en «modernisant» sa politique sociale, trouvera la place que l'OMC lui a préparé dans ce futur monde parfait.

Si même les grands dirigeants du Parti Socialiste se convertissent aux merveilles du capitalisme technocrate bruxellois, il est évident pour eux que «les petites gens» de notre pays s'y résigneront sans problème...

Hélas, les coups d'épées dans l'eau de Don Quichotte sont toujours restés vains, et tels le resteront les grands discours d'Arnaud Montebourg.

Faut-il tout sacrifier au nom de cette compétition totale contre laquelle nous ne cherchons pas à nous défendre ? Sacrifier nos emplois industriels, d'abord, puisque la Terre regorge de bouches affamées et de bras corvéables à merci, toujours moins chers que les nôtres. Sacrifier notre cohésion nationale et nos services publics, car tel l'imposent les Saintes Écritures européennes.

L'UMP et le PS mentent

Sacrifier notre démocratie, puisque l'insolence des citoyens les amène souvent à refuser, comme en 2005 en France et très récemment en Italie, d'avaler la ciguë austéritaire.

Le sophisme des deux grands partis au pouvoir, qui consiste à affirmer qu'aucune politique économique n'est réaliste en-dehors de l'austérité, est particulièrement mensonger.

Premièrement, nous suivons depuis plus de quinze ans les mêmes recettes libérales, et le chômage ne s'en est jamais trouvé abaissé significativement. L'explosion du système est inéluctable, tant il a été maintenu en relative bonne santé jusqu'en 2008 par la seule perfusion de la dette nationale.

Deuxièmement, la France continuera à perdre ses emplois les plus vulnérables, c'est-à-dire les plus délocalisables, tant que l'on ne cessera pas de les mettre en situation de libre concurrence avec des ouvriers qui ne bénéficient pas des mêmes normes sociales, et des pays qui n’imposent pas les mêmes normes environnementales et sanitaires.

Il faut recréer des emplois industriels non-qualifiés en France

Je réaffirme ici que la France a besoin d'emplois industriels non-qualifiés, et il est, au mieux faux, au pire complètement cynique, de prétendre que la société peut s'en passer au motif d'une surévaluation de l'euro qui augmente seulement le pouvoir d'achat de ceux qui ont les meilleurs salaires.

C'est une question de bon sens économique, mais aussi de respect de la dignité humaine : il est inacceptable de laisser des millions de Français dans le chômage de longue durée. Rappelons enfin qu'un emploi industriel créé en France crée également deux emplois indirects, grâce à la consommation de l'ouvrier en question. L'inverse est malheureusement tout aussi vrai...

Troisièmement, si la France ne reprend pas en main sa politique monétaire et douanière, elle ne pourra jamais entreprendre de grandes politiques économiques.

C'est là tout le drame d'Arnaud Montebourg, qui peut être de très bonne foi lorsqu'il s'insurge contre les délocalisations qu'il n'a de cesse de devoir gérer, mais qui est condamné à l'impuissance dès lors que son président n'entend reconsidérer ni les traités européens, ni la pertinence de la monnaie unique.

Qu'enfin la France retrouve une souveraineté monétaire !

Je pense pour ma part qu'il faut sortir de l'extrême rigidité de la monnaie unique, pour passer à une monnaie commune qui nous laisserait plus de latitude budgétaire, et qu'il est de notre intérêt d'installer des frais douaniers au moins à l'extérieur de l'UE pour rendre à notre pays l'indépendance et la souveraineté nécessaire à toute politique nationale efficace.

Le retour de la souveraineté française, qui se perd de traité en traité plus ou moins bien acceptés par le peuple français, est absolument nécessaire pour la défense des plus faibles d'entre nous ; Henri Lacordaire, au 19ème siècle, avait déjà déclaré qu'«entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit».

François Hollande aura de très lourdes décisions dans les prochains mois s'il veut vraiment enrayer la progression du chômage. Je l'enjoins à reconsidérer ses positions économiques et européennes, et à s'engager dans la voie d'un véritable keynésianisme patriote et serein, tout en continuant à œuvrer pour les projets européens qui sont favorables aux peuples de chaque pays.

Cela requiert uniquement du courage politique, et l'évolution de la situation de notre pays n'est en rien inéluctable. Sans cette remise en cause, sans cette révolution des esprits, le souhait de M. Hollande d’inverser la courbe du chômage restera un vœu pieux.

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Vous aussi, participez au débat :
François Hollande parviendra-t-il à faire baisser le nombre de chômeurs ?

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  • Photo de Pierre-Jean L'Huillier non

    13 mars 2013, 16:47

    Pierre-Jean L'Huillier
    Nicolas Dupont-Aignan est toujours très juste et ne tombe pas dans les excès habituels et démagogiques de l'UMP et du FN.

    Hollande trahit jours après jours la confiance que les Français lui confié lors des Présidentielles.

    Dupont-Aignan ose dire la vérité et donne les solutions qui permettront à la France de sortir de la misère dans laquelle elle s'enfonce.
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  • Photo de Olivier Mistler non

    13 mars 2013, 17:40

    Olivier Mistler
    Nous pourront toujours réduire le train de vie des admistrations, des Français, en faisant des ponctions sur les salaires et retraites, afin de réduire la dette ! Cela ne donneront pas de solution afin d' endiguer le chomage ! Nos entreprises ne sont plus compétitives, Avec des charges et un monnaie trop elevees... Une entreprise ne peut engager du personnel lorsque ses ventes dimunient !!! Nicolas Dupont Aignan est dans le JUSTE. Le seul Homme Politique sensé dans les décisions nécessaires à engager pour la France. Même si cela n'est pas avec plaisir, mais seule politique indispensable pour rétablir l'ensemble des contraintes que subissons depuis plusieurs décennies. Margaret Thatcher et Charles De Gaulle auraient sans aucun doute choisi les même options...
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  • Photo de Sophie Mori Giroud non

    14 mars 2013, 08:54

    Sophie Mori Giroud
    Les partis se succédant au gouvernement, UMP et PS, sont devenus les ennemis de la Nation.
    Leurs donneurs d'ordre sont les technocrates bruxellois qui ont mis en place le système UE, et ils ont décidé de faire baisser le coût du travail; la monnaie unique EUROPEENNE implique que la variable d'ajustement NATIONALE soit le coût du travail pour gagner en compétitivité : donc baisse des salaires et des charges sociales qui entraineront de fait une baisse des prestations sociales.
    Au vu de l'ampleur de ces mises en oeuvre en Espagne Italie Grèce Portugal, on ne peut douter qu'il ne s'agisse là du chantier majeur de l'UE, et l'on ne peut douter non plus que le coût social, dont le taux de chômage est l'élément le plus emblématique, ne freinera en rien la poursuite de ce chantier.
    François Hollande et son gouvernement sont totalement acquis à cette politique idéologique, ils sont déjà intégrés au technocratisme bruxellois, ils ne le remettent jamais en cause... Leur mission est sans doute des faire passer ces mesures sans trop de remous populaires.
    A l'heure actuelle, les populations désireuses de faire entendre leurs légitimes attentes doivent soutenir des mouvements politiques véritablement alternatifs : Debout la République fondé par Nicolas Dupont Aignan est de par sa constance et ses analyses claires et accessibles à tous les esprits le parti à plébisciter et à rejoindre dès maintenant.




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  • Photo de Sylvie Grupe Cannac

    14 mars 2013, 11:38

    Sylvie Grupe Cannac
    Autres éléments, non des moindres, pour enrayer le chômage:
    Tout d'abord, il faut rétablir un état stable dans ses décisions fiscales et politiques et donc souverain. Les chefs d'entreprise ne peuvent embaucher si leur vision à moyen et long terme (et même à court terme!) est brouillée par de multiples effets d'annonce, de balivernes en tout genre, de décisions prises puis abandonnées ou modifiées dans la foulée. Deuxièmement : Stop à la bureaucratie qui étouffe de plus en plus la moindre initiative dans notre pays. Assez des directives européennes inadaptées aux réalités du terrain. Il faut absolument redonner de la liberté dans la confiance à ceux qui entreprennent!
    On s'apercevra alors, que les patrons ne sont pas tous des voyous!
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  • Photo de François Duport non

    28 mars 2013, 10:04

    François Duport un des invisibles
    Il ne manque à vos propositions qu'une seule mesure d'importance:

    - l'établissement d'un revenu digne, minimal garanti et indexé pour tous, en remplacement des aides en tous genres et des personnels de gestion associés. Cela peut même remplacer la retraite et les indemnités de chômage si c'est bien organisé. Les plus aisés auront toujours la possibilité de s'offrir des assurances complémentaires au gré de ce qu'ils évaluent comme leurs besoins.
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