Républicains et Libéraux ont des réponses divergentes

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Ruwen Ogien
Directeur de recherche au CNRS, docteur en philosophie et en anthropologie sociale

L’État doit laisser chacun libre de faire ce qu’il veut de sa vie tant qu’il ne nuit pas aux autres

Il existe plusieurs formes de libéralisme politique. Celle que je défends est libertaire pour les mœurs et égalitaire du point de vue économique et social. Pour le dire autrement et plus concrètement, elle est extrêmement permissive dans les affaires de relations sexuelles, d’usage des drogues, d’expression artistique et politique. Mais elle n’a rien contre l’interventionnisme de l’État dans l’organisation économique et sociale. Ce double engagement me met du côté progressiste du libéralisme politique, en opposition complète à ses formes conservatrices, lesquelles sont interventionnistes pour les mœurs (au nom de l’ordre moral) et permissives pour l’organisation économique et sociale (au nom du droit sacré de la propriété ou de l’efficacité économique).

Ces deux engagements pour la liberté et l’égalité ne sont pas difficiles à concilier philosophiquement, même s’ils ne sont pas faciles à mettre en œuvre pratiquement. On peut les dériver de la même conception de la liberté politique. L’État, tel qu’on pourrait le concevoir dans l’idéal, laisse à chacun la liberté de faire ce qu’il veut de sa propre vie du moment qu’il ne nuit pas aux autres. Il s’engage seulement à empêcher les abus de pouvoir, et toutes les formes de discrimination, y compris à l’égard des non citoyens, ce qui revient à œuvrer pour une justice sociale globale. L’État est neutre par rapport aux différentes conceptions de la vie bonne. Il est engagé pour la vie juste.

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Vous aussi, participez au débat :
Notre salut passe-t-il par l'État ?

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  • Photo de Fred Morgan non

    08 décembre 2011, 11:00

    Fred Morgan bloggueur et docteur en philosophie (Paris IV)
    On voit mal en quoi subventionner les comportements hédonistes revient à promouvoir un Etat neutre, et en quoi autoriser son personnel à modeler les comportements des individus selon la grammaire hédoniste utilitariste serait plus souhaitable que l'intrusion morale des "conservateurs moraux". Que l'Etat choisisse pour soit disant émanciper les individus ou les enrégimenter, il continue de choisir à leur place.
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  • Photo de Armand Stroh

    18 mars 2012, 16:28

    Armand Stroh Enseignant retraité . Membre de l' Association Ultime Liberté
    Concernant votre position "libertaire pour les mœurs" et "égalitaire du point de vue économique et social", je suis très proche du même point de vue.
    Cependant deux points pourront peut-être alimenter une nouvelle discussion possible :

    1. L'usage spontané qui est fait dans ce débat du mot "État" semble faire aller de soi qu'un tel "État" comme régulateur collectif doive nécessairement coïncider avec les actuels "Etats-Nations" issus de l'histoire. Or les personnes qui partagent un point de vue "libertaire-égalitaire" comme nous auraient sans doute intérêt à imaginer et à construire un mode commun de régulation "politique et juridique" totalement nouveau, au niveau mondial, assurant la "volonté générale" commune à ces personnes et se donnant à elles-mêmes le contrôle sur les moyens et les ressources d'une telle régulation, de façon à ne plus être sous la coupe supposée "souveraine" des actuels "États-Nations".

    2. Quand vous dites à la fin, que l'État (actuel) devrait être "neutre" par rapport aux différentes conceptions de la vie bonne, mais engagé pour la "vie juste", je ne suis pas aussi sûr que vous qu'une telle différence entre "BIEN" et "JUSTE" puisse être tranchée sans recourir à une conception particulière du "BIEN".
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  • Photo de ddacoudre . oui

    10 mai 2012, 08:56

    ddacoudre . militant à la retraite.
    la liberté arbitraire que tu défends n'existe que dans le comportement instinctif animalier disposant d'un espace et d'une activité de cueilleur/chasseur. les quelques tributs primitives qui existent sont structuré. (tabou totem).
    nous la population grandissante sédentarisé et concentré nous a contraint à la construction d'organisations mythiques que nous répercutons d'une génération sur l'autre dans le berceau familial, sous la contraint de l'existence "géohistorique" de produire et s'assure une descendance. cela a permis de développer l'apprentissage et médecine pour faire face à deux fléaux la famine et la mortalité infantile et les épidémies.
    cela exclu de fait de faire ce que l'on veut, et impose une prise en compte de l'autre, du seul fait également que l'on ne se connait que dans son regard, comme c'est au travers de notre regard que nous connaissons le monde.

    globalement tu propose l'anarchisme éveillé, c'est à dire un niveau de connaissance du monde et de l'autre abouti qui permet à chacun d'exercer un contre interne de ses agissements pour ne pas nuire à autrui et trouver l'expression de ses désirs avec des partenaires consentants.
    http://ddacoudre.over-blog.com/pages/du-rat-a-moi-7607770.html
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  • Photo de ddacoudre . oui

    10 mai 2012, 09:14

    ddacoudre . militant à la retraite.
    en ce qui concerne les organisation économique , ne ne vivons que sous le paradigme du dominant dominé. le capitalisme n'est que cela.
    sa dernière composition remonte à 1804 avec la création du salariat dans le cadre du libéralisme économique, seul Marx à essayé de faire des dominés les dominants, tout comme la démocratie tente d'unifier ce rapport.
    mais nous voyons bien que par les élection nous essayons toujours de faire resurgir, un dominant qui devient président, dictateur,premier ministre, guide des peuple, père de la nation, qui du statut de représentation du peuple en devient une entité morale, l'état.mais nous n'avons pas mis un terme au rapport dominant dominé qu'est le capitalisme patron/salarié. ce rapport à édifié des "dominants systémiques" qui structurent notre existence tel le plan comptable, un verre que qui que ce soit qui le remplisse de blanc ou de rouge, il prendra la forme du verre, car c'est lui le gardien du capitalisme, car au fils des siécles il a été façonné par les dominants, et est devenu une référence accepté par les dominés qui voient à travers lui l'espoir de devenir un dominant.
    or ce rapport est tellement dilué dans des dominants systémiques ayant personnalité morales, qu'ils façonnent les individu
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  • Photo de Gidmoz Gidmoz non

    02 septembre 2012, 18:36

    Gidmoz Gidmoz ingénieur, libertarien, école autrichienne d'économie, chercheur en science économique
    @Ruwen Ogien
    Comment définissez-vous la nuisance qu'un individu causerait aux autres? Acceptez-vous de dire que cette nuisance serait limitée à une agression sur la personne physique ou sur les biens de cette personne?

    Selon cette définition de la nuisance, l'Etat nuit aux autres. Il me semble donc exister une contradiction dans votre acceptation de l'Etat.
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