Poutine élu à 63,9% des voix, l'opposition dénonce les fraudes

Mise à jour du 05 mars 2012 :

Les résultats provisoires placent Vladimir Poutine largement en tête du premier tour, avec 63,90% des voix, selon les résultats portant sur 98% des bulletins de vote. L'actuel Premier ministre devancerait très [...]

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Yann Vallerie
Président de l'association Jeune Bretagne. Contributeur à l'agence Novopres

Les élections russes ou le rejet de l'Occident

Les élections législatives marquent à n’en pas douter, un ancrage définitif de la Russie dans un modèle de développement démocratique autonome, éloigné des influences occidentales. La baisse de Russie Unie était prévisible tant le résultat de 2007 fut exceptionnel, avec plus de 60% des voix. Le parti au pouvoir conserve une confortable avance sur ses rivaux. L’importance de ces élections n’est pas dans cette baisse de Russie Unie, qui n’empêchera pas, de toute façon, Vladimir Poutine de gouverner pendant son prochain mandat. Ce qui compte avant tout, c’est le rejet massif de l’influence occidentale par le peuple russe. Les moyens engagés par les ONG américaines l’auront été en pure perte. Même à Moscou, le parti Yabloko, considéré comme le plus libéral, recueille à peine 10%. La nouvelle classe moyenne russe ou les milieux populaires, lorsqu’ils n’ont pas voté Russie unie (49,7%), ont voté communiste (KPRF  : 19,15%), Russie Juste (parti proche de Russie Unie : 13,16%) ou pour les ultra-nationalistes de Vladimir Jirinowski (LDPR : 11,7%). Au total, plus de 90% du corps électoral russe rejette l’influence occidentale.

La Russie semble définitivement guérie de son engouement pour le modèle occidental du début des années 90. Le modèle consumériste, si visible à Moscou, n’est pas venu à bout à bout de l’âme russe. Les trois millions de fidèles qui ont défilé devant la ceinture de la Vierge dans toute la Russie, attendant pendant des heures, la nuit et dans le froid sont là pour en témoigner. Les Russes, soutenus en cela par leurs élites reconstruisent leur identité autour du christianisme, ce qui est également une rupture nette avec l’Occident ou la laïcité militante est devenue religion d’État.

Absence de partis pro-occidentaux à la Douma, reconstruction de l’identité russe autour du christianisme, piété populaire, refus de l’affrontement civilisationnel, interdiction du prosélytisme homosexuel, c’est le modèle européiste au complet qui est rejeté par le peuple russe et ses élites dirigeantes. Paradoxalement, c’est un modèle de développement qui pourrait inspirer les sociétés européennes enfoncées dans une crise autant économique que morale.

Xavier Moreau, pour le site realpolitik TV

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Vous aussi, participez au débat :
La Russie peut-elle se passer d'un président autoritaire ?

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  • Photo de JCl Clement oui

    08 décembre 2011, 03:39

    JCl Clement
    Je croyais naïvement que les Russes votaient pour élire leurs dirigeants dans une élection que beaucoup d'observateurs intérieurs et extérieurs jugent bien trop "pipées" pour qu'on puisse en tirer quelque chose en terme de sens. Je m'étais trompé c'était un referendum sur le rejet de l'occident et la conception très particulière de Poutine du débat démocratique et des élections est un "développement démocratique autonome"... J'ai appris quelque chose là.
    1 0
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  • Photo de Laurent Mesuré oui

    06 mars 2012, 15:14

    Laurent Mesuré Consultant en Informatique
    sans oublier que jeune bretagne est un grioupuscule associé au mouvement Bloc Identitaire (extrême droite) cela relativise le propos quand au rejet de l'occident.
    Le rejet est plutôt celui d'une corruption massive dans toutes les institutions russes.
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