Scission Photo : Abaca

Belgique : le Parlement vote la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde

«Pour la plupart de nos concitoyens, la Belgique a encore un sens», s'est félicité le Premier ministre belge, Elio Di Rupo, après l'adoption par le Parlement du projet de loi scindant l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV).

Considéré [...]

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Contexte

Belgique : le Parlement vote la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde

«Pour la plupart de nos concitoyens, la Belgique a encore un sens», s'est félicité le Premier ministre belge, Elio Di Rupo, après l'adoption par le Parlement du projet de loi scindant l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV).

Considéré comme l'un des derniers vestiges d'un État bilingue et unitaire, cet arrondissement d'un million et demi d'habitants cristallise les tensions depuis 1963 et le tracé de la «frontière linguistique», une ligne symbolique qui sépare Flandre et Wallonie. Les partis flamands réclamaient une séparation entre Bruxelles, majoritairement francophone et Hal-Vilvorde, située côté néerlandophone, mais où vit une minorité francophone. Un point d'achoppement qui avait contribué à plonger le pays dans la plus grave crise gouvernementale de l'histoire, en avril 2010, faisant craindre un éclatement de la Belgique. Avant la formation du gouvernement Di Rupo, en novembre 2011, la Belgique n'a pas eu de pouvoir exécutif de plein exercice durant 541 jours.

Vendredi 13 juillet, les députés ont adopté la scission électorale et judiciaire de l'arrondissement BHV par 106 voix contre 42. Le texte prévoit que les francophones installés en territoire flamand ne puissent plus voter pour des candidats issus de Flandre, sauf dérogation pour six communes à majorité francophone, où les électeurs auront le choix de voter pour des listes flamandes ou francophones. Sur le plan judiciaire, le projet acte également la création de deux parquets. L'un francophone à Bruxelles, l'autre néerlandophone à Hal-Vilvorde.

Si le Premier ministre Elio Di Rupo n'a pas caché son enthousiasme en saluant la levée «du plus gros obstacle entre les Flamands et les Francophones», d'aucuns sont plus prudents, comme l'explique La Croix.fr : «si cette scission ne s’accompagne pas d’un esprit de cohabitation entre Flamands et Wallons, tous les espoirs belges pourraient tomber à l’eau».

Par ailleurs, les nationalistes de la Nouvelle Alliance flamande (N-VA), principal parti d'opposition, qui avait pourtant fait de la scission de BHV leur fer de lance, ont voté contre le texte. ces derniers jugent que les partis flamands de la majorité ont fait «trop de concessions aux francophones».

La suppression du dernier arrondissement bilingue du pays va-t-elle permettre de calmer les tensions communautaires en Belgique ?

 

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Photo de Xavier Colas
Orchestré par Xavier Colas
Journaliste Newsring