To be or not to be dans l'UE Matt Dunham/AP/SIPA

La place du Royaume-Uni dans l'UE en question

Quitter ou ne pas quitter l'Union européenne ? Dilemme shakespearien pour David Cameron qui a finalement cédé aux eurosceptiques de son camp, en décidant de s'engager à organiser, à l'horizon 2015-2017, un référendum sur le maintien ou non du [...]

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Le Camarguais
Retraité de l'encadrement et blogueur

Le Royaume-Uni n'a jamais accepté le Marché commun

Les Anglais n'ont jamais été européens, c'est un peuple qui veut s'allier avec d'autres mais à condition de n'avoir que le bon c'est à dire de n'en tirer que les avantages et par conséquent de refuser d'en partager les inconvénients.

Dés l'origine, Harold MacMillan indique au Général de Gaulle que "Le Marché commun, c'est le blocus continental et que l'Angleterre ne l'accepte pas " aussi il demande à de Gaulle d'y renoncer. Ce faisant il menace, au prétexte que le Marché commun ce serait entrer dans une guerre qui sera d'abord économique mais qui risquerait, par la suite, de s'étendre à d'autres domaines. De Gaulle juge les propos de Mac Millan exagérés et ne cède pas. Il met alors son interlocuteur en porte à faux en lui demandant les raisons pour lesquelles le Royaume-Uni s'indignerait de voir s'établir entre les six une préférence qui existe à l'intérieur du Commonwealth ?

Face à l'intransigeance de de Gaulle, l'Angleterre va essayer de saborder le Marché commun par une guerre menée de l'extérieur. Pour cela, le ministre anglais Richard Maudling méne la bataille au sein de l'organisation dite " Coopération économique européenne" dont l'Angleterre est membre. Pour mener cette bataille , il négocie avec cette organisation ce qui a pour effet de retarder la mise en marche de la communauté des six. En effet la proposition de Maudling est d'absorber les six et de les dissoudre dans une zone de libre échange. Plusieurs lettres de Mac Millan demandent à de Gaulle d'abonder en son sens, ce que le Général refuse. L'Angleterre est obligée d'admettre que son obstruction ne fonctionne pas , alors elle change de stratégie et crée pour son compte "l'Association européenne de libre-échange" avec les scandinaves, les Portugais, les Suisses et les Autrichiens. Les six réagissent, cessent de tergiverser et déclenchent le Marché commun.

Mais, ajoute le Général dans ses "Mémoires", les Anglais ayant échoué dans leur guerre extérieure, ils vont essayer de la mener de l'intérieur. C'est ainsi qu'ils reprennent l'offensive en 1961 en changeant de position et en demandant d'accéder au Marché commun. Mais de Gaulle n'est pas dupe car, par cette demande les Anglais qui n'ont pas réussi à s'opposer à la naissance de la communauté des six veulent y entrer pour la paralyser de l'intérieur. L'Angleterre propose alors d'examiner les conditions dans lesquelles cette entrée pourrait se faire à partir du moment où il est tenu compte de ses relations particulières avec le Commonwealth et avec leurs associés de la zone de libre échange, ainsi que de leurs intérêts essentiels concernant l'agriculture. Pour de Gaulle , en passer par là, ce serait, évidemment renoncer au Marché commun tel qu'il a été conçu et il n'accepte pas la proposition anglaise. Comme souvent le Général avait vu juste.

Les Anglais n'ont pas changé, alors oui, le Royaume Uni est un problème pour l'union européenne.

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Vous aussi, participez au débat :
Le Royaume-Uni est-il un problème pour l'Union européenne ?

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  • Photo de Christian Creseveur oui

    06 juillet 2012, 12:18

    Christian Creseveur Dessinateur et scénariste
    Tout à fait d'accord.
    De Gaulle ne savait pas forcément ce qui était bon pour la France, mais on doit lui reconnaître qu'à deux reprises il a su ce qui serait mauvais pour elle: lorsqu'il a refusé cette proposition anglaise, et précédemment lorsqu'il s'est opposé aux accords de Bretton woods, qui ont consacré l'étalon dollar, et qui font vivre les USA à crédit, avec le soutien du reste du monde.
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