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Internet au centre du grand chantier du financement de la culture

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Frederic Provotelle

Vers une société de la gratuité?

Un des repères les plus importants qui perd de sa force, c’est de donner une valeur aux choses, c’est reconnaître leur valeur aux hommes.

 

Une valeur, ce n’est pas dire que tout est achetable, ce n’est pas dire que l’argent peut tout. Une valeur, c’est dire que les hommes sont précieux, que leur activité, leur travail, leur engagement au service des autres sont précieux.

 

La brèche a été ouverte dans le domaine du divertissement numérique. On veut nous faire croire que parce qu’une œuvre existe, de ce fait même elle doit être accessible gratuitement au plus grand nombre.

 

Je comprends facilement qu’il puisse être frustrant de ne pouvoir satisfaire gratuitement et immédiatement son désir de consommer un bien culturel.

 

Mais cette frustration nous oblige à choisir, à savoir quelles sont nos priorités.

 

Sans priorités, sans préférence, tout est au même niveau, rien n’a de valeur. Au final, on passe d’une curiosité pour les œuvres de l’esprit à une consommation boulimique.

 

Et si nous allions plus loin ? Si l’on considérait que défendre la gratuité, c’est d’une certaine façon entériner l’idée que nous avons le droit de consommer. Qu’il n’y a plus même besoin de faire un effort, de consacrer du temps ou une part des fruits de son travail.

 

Cette société de la gratuité, c’est une société où tout est dû.

 

C’est paradoxalement une société où la publicité nous renforce dans le sentiment qu’une vie bien remplie est une vie où nous devons posséder toute une panoplie de biens inutiles.

 

Et que se passe t’il si nous ne pouvons accéder à certains biens ? Pire qu’une frustration, c’est alors le sentiment d’une profonde injustice qui naît.

 

Si notre société devient celle de la gratuité, alors nos concitoyens les plus modestes seront en permanence dans une revendication de toujours plus. Elle devient une société d’accumulation sans discernement. Une société qui en arrive à déconsidérer celles et ceux qui sont capables de faire des choix pour assouvir leurs désirs, leur curiosité.

 

Dans ce cas, loin de donner accès à une batterie d’outils au plus grand nombre, la société de la gratuité ne serait qu’une autre façon d’opposer les français.

 

Et on voit bien que cette opposition se fait au détriment des valeurs d’effort, de conscience du nécessaire et du superflu.

 

Pire encore, il n’existe pas de gratuité dans une société de consommation. Si certains responsables politiques soutiennent le contraire, alors ils oublient qu’un bien où un service gratuit pour le consommateur – citoyen, c’est la collectivité qui en supporte le prix, ou  autorise purement et simplement de s’approprier le travail d’autrui.

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Vous aussi, participez au débat :
Internet : le partage est-il un droit ?

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