Censure Jerôme Delay/AP/SIPA

L'armée française a dévoilé les premières images de ses frappes aériennes au Mali

Depuis le début de l’intervention au Mali, vendredi 11 janvier, les seules images qui avaient été diffusées montraint le débarquement des soldats et les avions de chasse sur le tarmac. Jeudi 24 janvier, soit près de deux semaines après le [...]

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Guerre d’images au Mali : «L'accès est plus restreint au Mali qu'en Afghanistan»

Guerre d’images au Mali : «L'accès est plus restreint au Mali qu'en Afghanistan»

Jerome Delay/AP/SIPA

Si les soldats engagés dans l’intervention militaire au Mali avancent sur le terrain, les journalistes et reporters de guerre peinent quant à eux à obtenir des images, toujours aussi rares et en grande partie fournies par l’armée. «L'accès est plus restreint au Mali qu'en Afghanistan», dénonce Marc Bastian, un reporter de l’AFP, estimant que «là-bas l'armée française nous laissait accéder aux zones de combat, ici ce sont les forces spéciales qui avancent, déblayent, identifient les objectifs».

La localité de Gao a été reprise depuis samedi et les forces armées se dirigent maintenant vers Tombouctou, preuve que le conflit avance dans la bonne direction. Mais, de la ligne de front, peu d’images voire pas d’images nous parviennent. «Il y a une volonté des autorités militaires françaises et maliennes de tenir à distance des zones de combat les journalistes», un scénario classique, rappelle Ambroise Pierre, responsable Afrique de Reporters Sans Frontières (RSF). «Dans les conflits armés, garder à distance les journalistes est plutôt une règle qu'une exception», estime-t-il, or «dans ce conflit», il lui semble qu’il y a «moins de moins de journalistes embedded (embarqués) que d'habitude».

Ne pas vouloir qu’il y ait d’images de cette guerre, l’entourage de Jean-Yves Le Drian s’en défend. «Il y a eu 40 médias et 150 journalistes embedded depuis dix jours», disent les services du ministre de la Défense arguant que «tous les jours, on envoie des images photo et vidéo à la presse» même si ce ne sont que «des prises de vue militaires», cela «fait quarante ans qu'il en est ainsi». Et puis, problème supplémentaire au Mali -pays francophone- les télévisions françaises sont diffusées directement dans le pays. «L'armée ne veut pas donner d'informations qui pourraient renseigner le camp d'en face», fait remarquer Pierre Grange, grand reporter chez TF1.

Les déplacements de la presse paraissent aussi très compliqués. «L'armée malienne a mal pris que l'on relaie des témoignages les accusant d'exactions. Conséquence, elle bloque certains accès et cause des problèmes aux barrages», relate aussi le journaliste de la première chaîne. A Konna, samedi, ville récemment reprise aux islamistes, «nous avons été autorisés à entrer pendant quelques heures pour voir les restes des combats. L'officier nous a dit que c'était "une visite guidée" et qu'il y avait certaines choses que nous ne pourrions pas voir», explique pour sa part le journaliste freelance espagnol Jose Navarro. Raisons de sécurité répondent les autorités sur place. Le Quai d’Orsay aussi demande aux journalistes de «respecter les consignes de sécurité», s’attirant ainsi les foudres de Reporters Sans Frontières : «c’est aux journalistes, et non aux militaires, de déterminer les risques qu'ils sont prêts à prendre».

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