Deux régions, cinq départements

Y a-t-il une ou deux Normandie ? La question divise depuis plus de 50 ans.

  • 1956 : création des régions françaises sépare la Basse-Normandie, qui réunit les départements du Calvados, de la Manche et de l’Orne, et la Haute-Normandie, qui [...]

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Rodolphe Corbin

Vers une Grande Normandie

Vers une Grande Normandie

par Georges bernage

http://www.patrimoine-normand.com/article-53328-vers-une-grande-normandie.html 


En 1960, deux régions de programme avaient été instituées : la Haute et la Basse-Normandie. La Loi du 5 juillet 1972 portait création de deux établissement publics régionaux venant entériner ce découpage. Ainsi, depuis plus d'une trentaine d'années, on partle d'une réunification de la Normandie.

Ce sujet est de plus en plus à l'ordre du jour. Les divers élus évoquent de plus en plus de plus en plus fortement le principe d'une réunification des deux petites régions. Un dossier publié par les deux CESR fait le point sur la question. La réunification de la Normandie se profile à l'horizon. Nous vous proposons une synthèse de ce dossier pour y voir plus clair.

L'idée d'un rapprochement entre les deux "tronçons" de Normandie est acquise, les avantages l'emportent, de loin, sur les contraintes, sur la base des avantages mutuels. Mais deux formes de rapprochement sont proposées : la coopération ou la fusion. 

La coopération a été particulièrement concluante dans plusieurs domaines, en particulier la recherhce et le tourisme. Celle-ci permettait une liberté de choix dans les opérations communes, une montée en puissance progressive et la faculté d'adopter des formes diverses pour une efficaité maximale.
La Fusion exige une réfléxion car elle a un carctère quasi définitif. C'est un changement radical exigeant une capital régional, un seul Conseil Régional, une seul préfecture de région  et une solution polycentrique n'est pas évidente. Par contre, malgré ces difficultés, la pluspart des bas et hauts normands se considèrent simplement normands et la notoriété de l'appelation  "Normandie" est indéniable, la réunification simplifierait les stratégies pour les communication externe, face à l'actuelle confusion ou d'ailleurs, en anglais, "Lower Normandy" a une connotation dévalorisante. La Normandie ne tire pas tout le parti souhaitable de sa dénomination. Par rapport aux autres régions, la Haute (13e rang national) et la Basse (15e nationale) passeraient ensemble au 5e rang. Cependant, les plans de la DATAR envisagent un redécoupage de la France en 7 à 10 grandes régions, les gains vis à vis des classements inter-régionaux seraient alors en partie perdus, sauf si l'on retient une fusion plus large devenant Normandie-Maine... (1)

La réunification (appelée "fusion") permettrait une vision simplifiée des institutions (et donc des économies), un sentiment de fierté légitime pouvant habiter une "population normande sensible à la reconstruction d'un ensemble territorial ravivant le souvenir d'un lointain et glorieux passé". le rapport fait alors un rappel historique. La seconde Lyonnaise présente déjà des contours de la future normandie fondée en 911 ; elle sera état quasi trois siècle durant . Elle correspont aussi à la province écclésiastique de Rouen dont l'archevêché de Roeun exerce une primature sur six autres évêchés (Evreux, Lisieux, Bayeux, Sées, Coutances, Avranches), dès le VIIe siècle. Le "Duché" est réunie au domaine royal français en 1204 et la Normandie restera un duché jusqu'en 1469. Ses prérogatives seront alors régulièrement rognées et elle sera découpée en deux généralités, celles de Rouen et clles de Caen, puis celle d'Alençon en 1638.

Les Normands défendront leur particuralisme de manière continue  en résistant au pouvoir central, en se réclamant de la coutume et de la charte au Normands, concédée par le roi Louis X de Hutin en 1315, et en s'appuyant sur une institution chargée de la faire respecter : le parlement de Normandie, qui est un organe admistratif et juridictionnel. Mais cette résistance ne peut contreer la démarche progressif : la Basse-Normandie apparaît dès le XVIe siècle, la Révolution supprime les provinces et découpe la Normandie en cinq départements (correspondant toutefois ensemble au territoire originel). Le renouveau du régionaliste commence au début du XIX esicèle avec Arcisse de Caumont. Et en 1956, sans concertation des populations, 21 régions sont instituées et, par un décret  en date du 2 juin 1960, la Normandie est découpée en deux régions, la Haute et la Basse. Elle sont confirmées par la loi du 5 juillet 1972 portant création des établissements publics régionaux venant entériner ce découpage. Ainsi la Haute et la Basse Normandie se voient progressivement divisées aucours des deux derniers siècles. 

Mais, comme nous le rappelon, la création de l'Union de la Région Normande de Pierre Godefroy, puis celle du Mouvement Normand tenteront, dès le début des années 1970 de sensibiliser les élus et la populations au problème de réunification. L'opinion normande y sera majotitairement favorable jusqu'à 65% comme l'a montré un récent sondage. Mais cette unanimité de la population , et aussi d'élus de toutes tendances, se heurtera longtemps à de sordides égoïsmes cd clochers, ce seront, dans le passé, Jean-Marie Giraud à Caen et Jean Lecanuet à Roeun qui auront tout bloqué, contre l'opinion.

Mais des chemins parallèles auront permis des rapprochements. Ainsi, les deux régions de Normandie auront été les deux seules régions de France à n'avoir qu'une seule chambre régionale d'agriculture et un seul  comité régional de Tourisme. Et depuis peu, elle bénéficie d'un établissement public commun : l'Etablissement Foncier de Normandie. Par ailleurs, la Délégation de l'Aménagement du Territoire  et le l'Action Régionale (DATAR) ne l'envisage que globalement, dans le cadre d l'estuaire de la Seine (Directive Territorial d'Aménagement de l'estuaire) et s'amorce avec le projet " métropolitain normand". Ce développement économique est un facteur fort d'union s'appuyant sur le concept de la Normandie historique existant dans la mémoire collective?
Et s'il  y a fusion, il ne peut y avoir raisonnablement qu'une seule capitale régionale. Les exemples de deux capitales n'ont jamais été probants : Reims capitale économique et Châlons-sur-Marne capitale administrative de la région Chapagne-Ardenne, par exemple, une seule capitale présente deux avantages considérables : la lisibilité et l'efficacité du fonctionnement admistratif et quotidien. Donc le choix semblait cornélien entre Rouen et Caen. Mais "  l'impact  de l'abandon de tout ou partie de certaines prérogatives d'ordre politique et administratif serait ressenti de façon certainement plus sensible dans la ville la moins développée des deux, en l'occurence Caen  et par ricochet dans l'ensemble de la Basse-Normandie ". Grâce à son point économique, la perte de la capitale régionale serait de conséquence limitée pour Rouen mais tout à fait catastrophique pour Caen. Par ailleurs, cette dernière dispose d'un atout majeur : son caractère central dans le nouvel espace constitué. Elle possède aussi d'atouts dans différents domaines (culture, recherche, ect.). Son université  est la plus ancienne de Normandie, fondée  durant l'occupation anglaise lors de la guerre de Cent Ans. Mais la position géographique de Caen est déterminante. Rouen està 142 kilomètres de Mortagne, 152 d'alençon, 194 de Flers, 230 d'Avranches et 244 de Cherbourg, alors que pour Caen, Evreux n'est qu'à 138 kilomètres et le Tréport 214 ! Rouen principale capitale historique, est trop excentrée et Caen, outre son rôle universitaire , a été la principale capitale de Guillaume le Conquérant.

En Conclusion, le rapport rappelle que l'utilité d'un rapprochement entre les deux Normandie apparaît incontestable mais un pragmatisme, bien normand, et indispensable afin d'intensifier le processus de coopération. Mais il est favorable à l'intensification de coopération, processus plus long qu'une fusion immédiate, expression d'une volonté d'y parvenir après mûre réflexion. Notons toutefois que le rapport ne signale pas les handicaps grave subis dans le passé par les deux régions, du faits de leur séparation. La réunification semble ainsi bien partie mais elle se ferait progressivement, tout au moins d'après la rédaction du rapport. Enfin, la future capitale d'une Normandie Réunifiée ne pourrait être que Caen. Rouen restant, avec le Havre, le pôle économique majeur. Les rapprochement sont déjà dans les faits et la réunification est dans les esprits, avant d'être réalisée dans un avenir proche.

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Vous aussi, participez au débat :
Faut-il réunifier la Normandie ?

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  • Photo de Monique Legrand oui

    15 février 2012, 21:16

    Monique Legrand
    Bonne analyse, mais peut-être quelques peu dépassée !
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  • Photo de Philippe Cleris oui

    15 février 2012, 22:24

    Philippe Cleris
    Sur le fond on sera d'accord avec l'analyse plutôt classique du problème normand proposée par Georges Bernage. Sauf que la réunification de la Normandie pour faire la réunification de la Normandie ça n'intéresse personne en France et cela peine à mobiliser en Normandie tant les blocages de la classe politique sont pesants et désespérants (la réunif ? une bonne idée à faire surtout après les élections!)

    Sauf que désormais avec l'enjeu du Grand Paris qui souhaite se doter d'une façade maritime et face à l'urgence de garder en France le premier potentiel portuaire français qui se trouve être en Normandie, il devient nécessaire de faire enfin la réunification normande pour créer la 6ème région de France ou la 4ème région industrielle du pays à un moment où on s'inquiète enfin au plus haut niveau de l'Etat des conséquences catastrophiques de la désindustrialisation de notre pays...

    L'unité normande est donc un intérêt national: elle pourrait devenir aussi un enjeu présidentiel. C'est ce qu'a parfaitement compris Antoine Rufenacht ancien maire du Havre et actuel haut commissaire au développement de la vallée de la Seine, partisan historique de l'unité normande, il vient de remettre aujourd'hui son rapport au Premier ministre.
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  • Photo de Rodolphe Corbin oui

    15 février 2012, 23:49

    Rodolphe Corbin
    Ce que l'on peut retenir de tout cela, c'est bien le côté bénéfique que pourrait apporter la réunification tant au niveau régional que national, comme vous venez de le dire Philippe. De plus cela serait une action populaire (vu les votes). Alors qu'est-ce qu'on attend ?
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  • Photo de Pierre-Adrien MEYER oui

    18 février 2012, 19:06

    Pierre-Adrien MEYER
    Pour la capitale, la centralité par rapport aux distances est un critère mais encore faut-il qu'il y ait des routes, des autoroutes et des voies de chemin de fer : a ce titre, Rouen est mieux placée avec Caen comme relais. Ensuite, l'impact économique serait plus faible à Rouen qu'à Caen... sauf que de nombreuses institution normandes (pour les deux Normandie) sont déjà à Rouen, l'impact n'en sera donc que plus grand.

    Ce qui se dessine, c'est une capitale admiistrative à Rouen (Prefecture + Conseil Regional) et maintient de directions régionales à Caen, là ou la centralité géographique prévaut. Caen comme place dans Normandie Metropole celui de ville universitaire...

    Enfin, Rouen est bel et bien la capitale historique de la Normandie. Vider Rouen de ses institutions administratives déjà peu nombreuses vu la taille de l'aire urbaine,serait une erreur fondamentale pour la Normandie puisque l'axe Seine serait alors soumis et organisé depuis Paris. La Normandie serait réunifiée mais sans capitale, Caen ne pouvant tenir ce rôle face à l'axe Seine qui se dessine.
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  • Photo de Rose Ichter

    15 septembre 2012, 11:28

    Rose Ichter
    C'est la Manche qui faut enlever de la Normandie et la réunifier à la Bretagne !
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  • Photo de Rose Ichter

    15 septembre 2012, 11:31

    Rose Ichter

    @Rose Ichter 

    La Manche fait partie du Massif armoricain les paysages sont plus proches de la Bretagne et il y aura plus de problèmes pour le Mont Saint Michel qui lui aussi est sur ce massif au même titre que les Anglos Normandes!!! et la Haute Normandie faut la Rattacher à la Région Parisienne....
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  • Photo de Esnpi Cobri oui

    15 septembre 2012, 14:22

    Esnpi Cobri

    @Rose Ichter 

    La Manche étant Normande depuis environ mille ans, à partir de quand, pour vous, un territoire fait parti d'une région ? Peut-être faut-il remonter aux Romains ? ou peut-être avant ? J'ai hâte de lire votre réponse.
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  • Photo de Esnpi Cobri oui

    15 septembre 2012, 14:19

    Esnpi Cobri

    @Rose Ichter 

    N'importe quoi... un Normand de la Manche.
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