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Alors que le chômage des 18-25 ans atteignait 22,4 % (soit 650 000 jeunes selon les chiffres de l'Insee) en mars 2012 à trois semaines du premier tour de l'élection présidentielle, les candidats ont avancé plusieurs propositions.
François [...]

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Angèle Malâtre
Directrice des études de l’Institut Montaigne

Oui : la formation en alternance et la lutte contre l'échec scolaires sont les deux leviers

C'est sur le niveau de formation des jeunes qu'il faut agir : formation dès les petites classes et formation en alternance.

La première priorité doit être de mettre fin à l'échec à l'école primaire. Chaque année, un enfant sur cinq quitte le primaire sans avoir les connaissances de base en mathématiques et en lecture. Il faut agir massivement sur l'école primaire et la petite enfance (crèches et maternelles). Un enfant qui ne sait pas lire en fin de primaire aura des difficultés pendant toute sa scolarité et un niveau de formation insuffisant.

La seconde priorité est de développer massivement l'alternance. La formation des jeunes en France donne une place insuffisante à la découverte des métiers et à l’apprentissage sur le terrain. L’alternance permet d’acquérir des compétences nouvelles, un savoir-être et un savoir faire qui sont ensuite valorisés par les employeurs.
Les chiffres en témoignent : l’alternance permet, dans huit cas sur dix, d’obtenir au final un emploi pérenne. En Allemagne, le nombre d’apprentis est trois fois supérieur à celui de la France et le chômage des jeunes est bien moindre.

  • L’alternance évite le décrochage des jeunes en leur proposant une véritable formation.Pour ces jeunes, le système éducatif n’est souvent pas adapté. L’alternance est un mode de formation alternatif, il ne s’agit pas d’une pré-embauche mais d’un véritable passeport vers l’emploi qui permet aux jeunes d’obtenir une qualification reconnue et valorisable, en leur apprenant à interagir dans un univers collectif, en développant leurs compétences. La France ne pourra bâtir sa compétitivité que sur la qualification de ses salariés.
  • Les jeunes sont insuffisamment informés sur les métiers. Le monde du travail est une véritable inconnue, et l’orientation scolaire, notamment dans les quartiers, comme l'a montré l'enquête Banlieue de la République, est une véritable catastrophe. En faisant le lien entre école et monde du travail, la formation en alternance doit être envisagée comme une passerelle vers le monde professionnel, une voie d’excellence tournée vers l’acquisition de compétences opérationnelles.
  • Les entreprises ont une responsabilité à jouer dans le développement de l’alternance.Pour les entreprises, l’alternance permet de qualifier des professionnels, de diversifier les recrutements, de favoriser l’entraide chez les collaborateurs et d’actualiser en continu les connaissances. Les entreprises ont une vraie responsabilité dans le développement de l’alternance. La fonction du tuteur doit être valorisée et pensée en fonction des besoins des entreprises. Le secteur public (un emploi sur cinq en France) doit également s’ouvrir à l’alternance et former des jeunes.
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Vous aussi, participez au débat :
La formation en alternance est-elle le remède au chômage des jeunes ?

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  • Photo de Jean-Marc Farini-Joly non

    30 avril 2012, 22:01

    Jean-Marc Farini-Joly Consultant en stratégie de formation
    Les entreprises avec le management sont en désaccord avec la formation sur la notion de compétences qu'elles instrumentalisent. Le rôle de l'école n'est pas de former à un métier surtout dans une société du chômage permanent. Je ne sais si votre argumentation tient de l'ignorance ou de l'idéologie mais en aucun cas elle n'est étayée par des arguments raisonnés.
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  • Photo de Sebastien Martin non

    30 avril 2012, 22:19

    Sebastien Martin Blogueur

    @Jean-Marc Farini-Joly 

    Merci de m'avoir informé - je viens de rédiger ma contribution avec une vidéo pour expliciter en quoi l'entreprise instrumentalise la formation en alternance ou non.
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    Répondre
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  • Photo de Sandrine de Monsabert oui

    01 mai 2012, 11:43

    Sandrine de Monsabert chercheur, mère de famille, blogueur, membre d'associations, amie en plus du reste

    @Jean-Marc Farini-Joly 

    Etonnant d'entendre traiter la directrice des études de l'institut Montaigne d'ignorance sur ce site de la cordialité et de l'intelligence collective.
    Je trouve les arguments de Mme mallatre très biens construits et cohérents même si, dans ses 80 lignes, elle ne peut envisager la complétude.
    Elle n'a pas évoqué dans sa breve allusion à l'échec scolaire, que l'essentiel de ce qui fait traiter quelqu'un de pauvre c'est son imperméabilité à l'instruction. Celle ci vient souvent d'épisodes douloureux dans les phases premières (entre 1 et 15 ans) de l'éducation. Facteurs sociaux, affectifs, psychologiques, cognitifs ou psychocognitifs, sont si nombreux pour entrainer un petit d'homme dans un rapport de souffrance ave cle savoir qu'il est rare qu'un individu ne puisse affirmer qu'il a réussi en se relevant d'embuches innombrables qui ont failli le faire échouer. (86% d'échec en première année de fac en moyenne en france)
    Ainsi la formation par l'alternance permet de prendre la distance avec le tout théorique et livresque, de redonner leur chance aux kinesthésiques, à tous de ses donner des micro objectifs et de vivre des successions de micro réussites qui éclairent leur chemin
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