Sous pression

Le suicide de Luc B., inspecteur du travail, survenu en mai 2011, devrait être reconnu comme un accident du travail par le ministre du Travail Xavier Bertrand, a annoncé le ministère vendredi 13 avril. Depuis plusieurs mois, la profession [...]

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Contexte

Le suicide de Luc B., inspecteur du travail, survenu en mai 2011, devrait être reconnu comme un accident du travail par le ministre du Travail Xavier Bertrand, a annoncé le ministère vendredi 13 avril. Depuis plusieurs mois, la profession dénonçait les conditions de travail «dégradées» et enchaînait les manifestations.

Les fonctionnaires pointent la révision générale des politiques publiques (RGPP), qui a conduit selon eux à une forte pressurisation des agents et à la désorganisation des services. Ils se plaignent d'un déficit de personnel, qui rendrait leur travail sur le terrain de plus en plus difficile. En 2009, tous les services de l'inspection du travail ont été fusionnés, conduisant chaque agent à couvrir tous les secteurs d'activité d’une même zone géographique.

Le nombre d’inspecteurs du travail est par ailleurs en baisse constante en vertu de la règle du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Or, en 2009, on ne comptait déjà pas plus que quelque 2000 inspecteurs et contrôleurs du travail pour 18 millions de salariés relevant du secteur privé.

Les conflits se multiplient entre inspecteurs du travail et organisations patronales. En juillet 2011 le Medef de l’Indre s'en est pris à deux inspecteurs, les accusant d'abus d'autorité et d’avoir le procès-verbal «trop facile». Le patronnat fait pression contre l'augmentation du nombre d’inspecteurs, considérant que la hausse des effectifs avant 2009 avait pénalisé les entreprises françaises du fait de la multiplication les sanctions contre les dirigeants.

La mission de l’Inspection du travail a-t-elle encore un sens?

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Photo de Tatiana Kalouguine
Orchestré par Tatiana Kalouguine
Journaliste Newsring