Exploitation

Aucun pays occidental ne tolérerait une entreprise de 430 000 employés dépourvue de syndicats, employant 5% d’enfants, exigeant plus de 12 heures quotidiennes de travail sans pauses, sur des chaînes de production où les ouvriers ne peuvent ni [...]

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Contexte

Aucun pays occidental ne tolérerait une entreprise de 430 000 employés dépourvue de syndicats, employant 5% d’enfants, exigeant plus de 12 heures quotidiennes de travail sans pauses, sur des chaînes de production où les ouvriers ne peuvent ni s’asseoir, ni se parler. Le tout dans des locaux insalubres, à manipuler des produits dangereux. C’est pourtant la réalité dans l’entreprise chinoise Foxconn, principal sous-traitant d’Apple, selon une enquête du New York Times parue le 25 janvier. Une usine où sont fabriqués les produits stars de la marque comme l’iPad (15 millions d’unités vendues dans le monde au dernier trimestre 2011) et l’iPhone (37 millions du modèle 4S vendus).

Que faire? Une fois dûment informés, les consommateurs mondialisés que nous sommes ont-ils une responsabilité dans l’acte d’achat de ces produits fabriqués dans des conditions de travail déplorables? Le débat n’est pas jeune. Comme Nike, Mattel ou Carrefour autrefois, Apple, IBM, HP ou Nokia sont aujourd’hui épinglés... Chaque scandale étant suivi de ses appels au boycott.

En 2001 déjà, l’essayiste Naomi Klein sonnait l’alarme dans son ouvrage « No Logo. La tyrannie des marques ». Elle y mettait face à face les « zones franches industrielles » du tiers monde où sévissait une forme d’esclavage moderne, et nos pays riches en voie de désindustrialisation. Dix ans plus tard, on ne parle plus de « tiers monde » et la Chine est en passe de devenir le premier exportateur mondial avec une croissance à nous faire pâlir. Raison de plus pour être vigilants sur les conditions de travail?

L’Occident a mauvaise conscience. Mais faire bouger les choses est-il aussi simple qu’un geste de boycott? Ce qui nous semble bon vu d’ici peut-il être vécu comme une injustice là-bas?

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Photo de Grégory Rozières
Orchestré par Grégory Rozières
Journaliste Newsring