Au pied du mur ?

La barre symbolique des trois millions de chômeurs dépassés

Le chômage est la première préoccupation des Français. Un sondage Harris Interractive réalisé pour RTL montre qu’il est la première inquiétude pour neuf sondés sur dix, tandis que 77% estiment que ce dossier devrait être prioritaire en 2012.

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Sebastien Martin
Blogueur

De quel chômage parle-t-on ?

Certains disent que le chômage peut revêtir 3 formes :

1 - Le chômage frictionnel

2 - Le chômage conjoncturel

3 - Le chômage structurel

Aujourd'hui, certains experts comme J.Bradford Delong, ancien sous-secrétaire au trésor américain, professeur d'économie à l'université de Berkeley et chercheur au bureau national de recherche économique considère que le chômage n'est plus structurel.

Frictionnel, conjoncturel, structurel ...Quelles sont les différences ?

 

Le chômage frictionnel correspond au temps de la recherche d'emploi : Collecte d'informations sur les offres d'emploi, rédaction de CV et lettres de motivation, participation à des salons-emploi ou speed emploi, etc.. Il dépend de la mobilité des demandeurs d'emploi et aux circuits de l'information et de prise de décisions.

 

Le chômage conjoncturel provient d'une croissance insuffisante pour générer des emplois  face à la situation démographique et/ou quand la production manufacturière diminue(récession).

 

Le chômage structurel est le seul qui s'inscrit dans la durée. Entre le niveau des salaires, l'adaptation de la formation continue ou la mobilité des salariés, les conditions économiques ne permettent pas de s'intégrer dans le monde du travail.

 

Toutes les formes de chômage ont leurs spécificités qui correspondent à des situations différentes.

Pour les demandeurs d'emplois, le chômage se définit plutôt en fonction de 4 situations :

1 - Le chômage de reconversion qui concerne les salariés d'entreprise en difficulté

2 - Le chômage de répétition qui concerne les intérimaires et les CDD

3 - Le chômage d'insertion qui concerne les jeunes avec ou sans diplôme mais sans expérience

4 - Le chômage d'exclusion qui concerne les jeunes non qualifiés et les seniors manuels de plus de 55 ans.

Concernant le chômage de répétition, 4 dates ont métamorphosé le visage de l'emploi  

1929 : L'émancipation des femmes avec le travail amène la création de Business Aid, la première société de travail temporaire.  

1972 : La 1ère loi  cadre en France qui définit la relation triangulaire entre l'entreprise de travail temporaire, l'entreprise utilisatrice et l'intérimaire

2005 : La loi Borloo qui autorise les entreprises de travail temporaire à s'insérer dans le marché de l'emploi en CDD et CDI avec le placement

2009 : Avec l'ouverture du marché de la fonction publique aux agences de travail temporaire , nouvellement nommées Agence d'emplois, pour des questions d'urgence uniquement mais qui nécessitera en 2010, une nouvelle circulaire pour préciser les modalités et conditions de recours à l'intérim.

Pour en revenir au propos de J.Bradford Delong :

"Je suis le premier à affirmer que le chômage structurel constitue un danger réel et grave. Lorsque des individus qui pourraient constituer une main-d’œuvre heureuse, en bonne santé et productive manquent de compétence, de confiance en eux, de réseaux sociaux et d'expérience pour trouver un travail, nous avons là, à l'évidence, un problème. Et si le taux de chômage en Europe et en Amérique du Nord persiste à un niveau élevé pendant encore deux ou trois ans, il nous faudra inévitablement agir. Car rien ne convertit un chômage cyclique en un chômage structurel plus sûrement qu'une période prolongée de chômage. Mais cela est-il vrai aujourd'hui ? Avons-nous vraiment affaire à un chômage structurel comme principal problème ? Non."

Le développement de l'intérim dans toutes les structures d'emploi ne parvient pas à compenser la destruction des emplois en CDI comme le rappelle la dernière étude du service statistique UNISTATIS de Pôle emploi publiée le 10/08/2010. Elle mentionne le recul de 1,5% de l'emploi salrié en 2009.

Des avantages nombreux au recours disproportionné à l'intérim :

  • Les plans sociaux (chômage de reconversion) amènent les entreprises à recourir aux intérimaires pour continuer de répondre aux commandes client (Cf Arc : L'art de mettre l'emploi à table ? )
  • Le souhait de sortir des conventions collectives devant la difficulté à supprimer le code du travail par le gouvernement (Cf L'affaire Schlecker )
  • Le développement de l'emploi en juste à temps comme avec PSA et le recrutement de 300 intérimaires pour la chaîne de production nocturne de la C4
  • Le bénéfice de vider les caisses du chômage et des retraites pour expliquer que le système n'est plus adapté. (Nous ne pouvions pas nous en empêcher)

A vous d'écrire la suite...Les politiques de l'emploi dépendront du président du 6 mai 2012

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Vous aussi, participez au débat :
Les politiques peuvent-ils quelque chose contre le chômage ?

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  • Photo de Paul Itique non

    02 mai 2012, 11:19

    Paul Itique Web entrepreneur désabusé
    Voici quelques définitions factuelles qui sont très utiles mais ne me semblent pas répondre à la question. Est-ce qu'aujourd'hui les hommes politiques peuvent encore quelque chose contre le chômage ? Quelle réponse apporter aujourd'hui ?
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  • Photo de Non connecté
  • Photo de Sebastien Martin oui

    03 mai 2012, 08:34

    Sebastien Martin Blogueur

    @Paul Itique 

    L'état ne peut intervenir sur le chômage frictionnel, cela dépend des entreprises.
    Pour ce qui est du conjoncturel et structurel, les politiques peuvent intervenir car ils dépendent d'un choix de société.
    Il me semblait que les définitions, par elles-mêmes répondaient à la question. Votre commentaire me fait comprendre que mes évidences ne sont pas les vôtres.
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